Colibri et Tintamarre

Le blog qui ne parle ni de colibri ni de tintamarre. Aussi foutraque et varié qu'un ciel breton : un peu de média, de livres, de musique, ....et Colibri...et Tintamarre.

29 novembre 2007

écrivains et humains

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La littérature, les écrivains, tout ça c'est du sérieux. A tel point que beaucoup de gens hésitent à franchir les portes d'une librairie, paraît-il. Pour considérer tout ça avec un peu plus de légèreté, rien de tel que le livre de Sylvie Pérez, L'écrivain et son éditeur, un couple infernal. Où l'on apprend par exemple que Léon-Paul Fargue ayant une fâcheuse tendance à toucher des avances sans fournir les livres qui allaient avec, son éditeur, Gaston Gallimard l'avait convié dans son manoir et sommé de rester toute la journée à son bureau pendant que lui-même partait en promenade avec des invités. A son retour, surprise  : l'écrivain avait noirci beaucoup de papier, mais répété indéfiniment une seule phrase : "je suis un capitaine de corvette. Je suis un capitaine de corvette." Shining avant l'heure.Quand à Antoine Blondin, il n'hésitait pas à se définir ainsi : "Je ne suis pas un écrivain qui boit, je suis un alcoolique qui écrit."On n'est pas (toujours) sérieux quand on est écrivain. Enfin, il arrive en revanche que certains d'entre eux se prennent un peu au sérieux, comme Francis Ponge qui exigeait que ses textes soient imprimés en plus gros que ceux des autres auteurs de la NRF. Voilà un concentré d'histoire littéraire qui ravira ceux à qui on a rabâché sans relâche que seul comptait le texte, encore le texte et toujours le texte et que tout le reste n'était que...littérature?



15 novembre 2007

Critique en toc

Où donc peut-on lire, à propos du dernier livre de Jean-François Kahn, qu'il  "à l'évidence connaitra un grand succès" qu'il est "bourré d'esprit, de finesse et (surtout) de culture" ou encore "un régal...une manière d'encyclopédie philosophique veillant à éclairer nos esprits" [rien que ça!!!]. Eh bien,  dans Marianne, bien sûr. On n'est jamais si bien servi que par soi-même! Les titres racoleurs de cet hebdo m'inspiraient une certaine méfiance. Mais bon, c'est tellement agaçant de voir des scandales révélés dans le Canard Enchaîné et jamais repris par les autres médias, sauf parfois par Marianne justement, que je me disais qu'après tout, mieux valait racoler pour intéresser les gens à la politique et aux affaires, que pour montrer un responsable de parti embrasser les doigts de pied de sa compagne. Seulement, là, c'est un peu fort "Six mois après, a-t-on encore le droit d'écrire ça?" lit-on en couverture du magazine. Ecrire quoi au fait? Sans porter de jugement de valeur sur le contenu proprement dit,  où se cache donc le brulot  irrévérencieux  vanté en une? Dans les 13 pages extraites du livre, ou dans la page supplémentaire inédite que "l'actualité vient de lui dicter"? Où se cache-t-elle, l'analyse sur "Le vrai Sarkozy... au Pouvoir"? Je dois dire que j'ai eu beau y mettre de la bonne volonté, je la cherche encore. Tout ce que j'ai trouvé, ce sont des petites boutades du style : "Blog : Journal intime transformé en lettre ouverte. Permet d'être entendu quand on parle tout seul. [....] Seul Sarkozy n'a pas de blog : la télévision lui en fait office." Et JFK, lui, c'est son journal, c'est ça?
Entre parenthèses, voilà une définition bien méprisante quand on voit la richesse de certains blogs. Certains d'entre eux sont loin d'être des journaux intimes en ligne. On y apprend beaucoup sur le dur métier de caissière, on rit jaune sur la dégradation des conditions de travail, on s'en paie une bonne tranche en passant un petit moment dans la tête d'une prof indigne  ou d'une   anti-bobo bio et sur ces blogs-là il s'échange beaucoup de paroles et de réflexions sur notre époque. Bien sûr, il y en a aussi des mauvais, des moins indispensables (ce qui n'est bien entendu pas le cas dans la presse, uniquement composée, comme chacun sait, de penseurs aussi cultivés que dépourvus du moindre égocentrisme déplacé).

Bref, je me souviens avoir vu dans un autre hebdo, Télérama pour ne pas le citer, des petits encarts signalant que les journalistes du dit hebdo ne faisant pas eux-mêmes la critique des ouvrages des autres journalistes de la maison (ah bon pourquoi?) le journal se contentait de leur offrir un espace qui signalait la parution de leur livre. Allez savoir pourquoi, cela me semble une solution nettement plus élégante.


ajouté le 3/12/2007 : Zut, Les médias pensent comme moi !!!(cf l'ouvrage de François Brune)
Trouvé sur rebuts de presse

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12 novembre 2007

du sel dans les patalo et des nenufars à lo de rose

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D'après les auteurs du Batalbum, Picasso aurait dit de Bruno Munari qu'il était le Léonard du 20è siècle. Un vrai grand artiste en tous cas, à une époque où les grands hommes ne sont plus ce qu'ils étaient (ne voyez là aucune allusion à l'actualité de ces derniers jours...toute ressemblance etc....Ce n'est pas parce que dans le batalbum il y a une mouette, un bateau et un capitaine que toute suite il faut s'imaginer...D'ailleurs, il n'y a même pas de pêcheurs dans le Batalbum). Bref, Munari, lui, il parlait délicatement aux petits comme aux grands. Enfin, parler n'est peut-être pas le mot idéal, les embarquer dans son imaginaire conviendrait mieux. Alors si vous avez des enfants, emmenez-les à la découverte de Munari à bord du Batalbum, à la bibliothèque ou chez le libraire du coin. Si vous n'avez pas d'enfants, méfiez-vous, vous pourriez fort bien en avoir et vous trouver fort dépourvu le jour venu. Alors, pour avoir une idée de ce qui vous attend, prenez connaissance en vrac des livres de Bruno Munari, de Tana Hoban, de ceux de Vincent Cuvellier, d'Eric Carle, d'Antonin Louchard et Katy Couprie, de Voutch, de Philippe Coudray, d'Eric Battut, de Lisa Mandel, Gilles Bachelet ou encore Chris Van Allsburg. Si vous vous demandez alors Pourquoi vous n'avez pas encore d'enfants, n'allez pas fissa réparer cet oubli. C'est une réaction normale et partagée par la plupart des individus normalement constitués. Non, allez d'abord lire quelques tomes de la BD Foot2rue, puis forcez-vous à ingurgiter tous les Petit ours brun et tous les Babars(au demeurant charmants à dose homéopathiques) puis tous les documentaires traitant de près ou de loin des dinosaures. Alors seulement vous saurez. Vous pourrez alors prendre votre décision en toute connaissance de cause. Mais au moins vous serez conscients des épreuves à surmonter aussi bien que que des grands bonheurs à venir. Merci qui?


11 novembre 2007

a tribute to les inrocks

pet_soundsC'était quoi les inrocks?
C'était une superbe revue dont je gardais tous les numéros, jusqu'à ce que je trouve que ce n'était vraiment pas rock'n' roll ce genre d'archives : un jour j' ai tout mis au feu. C'était aussi une correspondance avec une émission de radio sur France-Inter que je venais de découvrir, après des années passées sous le son d'Europe 1.
Vingt ans plus tard, enfin, grâce à france 4, ce soir, j'ai vu la trogne de JD Beauvallet. Avant ça, j'avais eu l'occasion d'apercevoir celle d'Arnaud Viviant et forcément, ni l'un ni l'autre  ne correspondraient jamais à leur tête de radio. (la tête de radio c'est ce visage idéal que chacun se fabrique lorsqu'il écoute une voix agréable sans avoir l'image en face). Bernard Lenoir avait ainsi tout un pool de correspondants prodigieusement agaçants et snobs ("n'ayons l'air de rien" soyons juste blasés)avec lesquels ils conversait de façon badine pour le plus grand plaisir de ses auditeurs (dont moi). Pourquoi agaçants : principalement parce qu'ils se trouvaient juste là où j'aurais voulu être. Pourquoi snobs : parce que ça faisait partie du jeu (il fallait se démarquer de plein d'autres revues à l'époque, et... il y aurait au moins un mémoire à écrire sur le snobisme rock..)Bref, il y en avait une en particulier à Londres qui m'agaçait prodigieusement : Lydie Barbarian???pardon si j'écorche son nom. Exaspérante pour juste être là où il fallait être (musicalement parlant s'entend...enfin presque toujours).

Il faut reconnaître que l'agacement procuré par l'émission radio comme par la revue était toujours récompensé par de superbes découvertes, de celles qui comptent dans une vie. C'est ainsi que, un soir, j'ai eu la chance grâce aux Inrocks (indirectement) de voir Morphine en concert dans une petite salle londonienne. Une autre fois encore, j'ai partagé un verre de vin avec Jeff Buckley lors d'un concert exceptionnel dans une petite salle française. Sans les inrocks, pas de Fiona Apple, une Cat Power bien tardive, et tant d'autres oubliés comme Nick Drake...Palace brothers etc...etc...Au même titre que Philippe L., Yasmine M. et quelques autres, ils auront joué un rôle important pour moi en ouvrant la porte à des merveilles inaccessibles par les canaux ordinaires.
Bien sûr, il  ne fallait pas compter sur eux pour les Têtes Raides, la Tordue ou même Louise Attaque à leurs débuts. C'était pas leur créneau. Il fallait aussi supporter leur mépris pour un certain nombre de trucs. Et bien sûr ils n'étaient pas partout. Mais c'était bien aussi qu'il nous reste des terres vierges à découvrir tout seuls. Comme un Dominique A alors inconnu,  première partie incroyable d'un groupe pop français dont ce fut une des dernières vagues. Une panne d'électricité, un public décidé à être hostile, du minimalisme par nécessité, 2 3 accords de guitare énervés : vous voulez du son je vais vous en donner et au total une présence impressionnante. La chanson qui m'a marquée ce soir là : le courage des oiseaux : sûrement pas jolie, peut-être trop belle, sûrement trop brute, mais déjà évidente. J'ai acheté l'album et j'ai été un peu déçue. Aujourd'hui j'entends à la radio la version de cette chanson retravaillée et j'ai l'impression qu"elle a grandi avec moi. C'était là déjà, mais en germe. Moi,  j'ai peut-être vieilli, la chanson, elle, a mûri. Elle est encore plus belle qu'avant.


mauvaise photo d'un objet indispensable de l'époque : la docile cassette vierge réenregistrable à volonté. Celle-ci ne le fut pas, bien entendu.

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