Colibri et Tintamarre

Le blog qui ne parle ni de colibri ni de tintamarre. Aussi foutraque et varié qu'un ciel breton : un peu de média, de livres, de musique, ....et Colibri...et Tintamarre.

31 janvier 2008

Dialogue de sourdes

Le mois de janvier n'est pas seulement le mois de la ronde des galettes dorées, c'est aussi celui de la valse des virus pour ceux qui ont des enfants en bas âge. 
A la recherche d'une pharmacie ouverte le midi pour me procurer le miraculeux collyre susceptible de soulager la plus jeune des Minuscules, je me suis retrouvée récemment face à la pharmacienne de notre ancien quartier. Incidemment, celle-ci s'enquiert du lieu de notre nouveau logis.
"Il paraît que c'est très bien fréquenté", commente-t-elle d'un ton avenant.
Occupée à surveiller d'un oeil la Minuscule, qui à cette étape de sa jeune vie aventureuse, a tendance à être  attirée avec une constance remarquable par tout dispositif  ressemblant de près ou de loin à un piège à broyer les gentils petits doigts potelés, je réponds distraitement :
- Oui, c'est un quartier très calme, avec une vraie mixité sociale. "
Au sourcil brusquement haussé et à la mine vaguement interloquée de "la madame", comme dirait la Minuscule, je comprends que nous n'avons pas la même conception de l'expression "bien fréquenté".
Si elle savait comme l'ambiance peut-être pourrie dans certaines écoles des quartiers trop "bien fréquentés"...
Peu importe. Il est temps que je file. Je n'ai pas envie de creuser le sujet. En cherchant notre logement actuel justement, nous avons été amenés plus souvent qu'à notre tour à fréquenter des agents immobiliers. C'est un sujet qui mériterait bien un billet. Oui je les ai rencontrés les déclinaisons des archétypes incarnés par André Dussolier (le gentil, piètre vendeur) et Lambert Wilson (le méchant) dans "On connaît la chanson" d'Alain Resnais. Il y avait celui qui nous faisait visiter taudis après taudis en s'excusant d'un petit rire gêné lorsque je m'étonnais de l'absence de fenêtre dans la cuisine. Il y avait aussi celui qui semblait monté sur ressort et qui laissait des tonnes de messages sur le répondeur en vantant les mérites des "produits" exceptionnels qui persistaient à fleurir sous ses semelles en dépit de la pénurie qui semblait accabler ses collègues. Ceux-là nous faisaient rire. Ce ne fut pas le cas de tous. Un jour, l'une d'entre elles, cochant des cases mentalement pour essayer de nous aider à définir ce que nous souhaitions, crut bon d'ajouter d'un ton complice : "Et le quartier, pas trop bronzé, hein?". Il y en a vraiment qui savent y faire pour casser l'ambiance.

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14 décembre 2007

Madame est servie

Depuis le début, l'enthousiasme général concernant le plan Borloo et les "services à la personne" me remplit de perplexité. Quant à la baisse du chômage induite...emplois de femmes de ménage précaires à 20 heures par semaine...c'est ça le progrès social au XXIé siècle dans l'un des pays les plus riches du monde?
En fait, mon manque d'enthousiasme s'explique en partie par la nature même des emplois proposés : emplois précaires donc, et aussi non qualifiés, même si les jeunes loups à la tête de ces entreprises d'un nouveau genre prétendent contre toute évidence qu'il s'agit de vrais métiers "et que la différence entre faire le ménage chez soi et chez un employeur c'est justement le fait que dans le second on est un  professionnel". Et de faire miroiter des possibilités d'évolution exceptionnelles. Bien sûr. Et aussi de bons salaires pour compenser le faible nombre d'heures travaillées? Il ne faut pas exagérer non plus. Alors si quelqu'un voulait bien m'expliquer la différence entre ces soi-disant nouveaux métiers et les petits boulots non qualifiés d'avant (à part le chèque emploi service qui permet aux parents aisés de "booster" la moyenne en maths d'un rejeton paresseux grâce à un étudiant* exploité par ces boîtes qui fleurissent à gauche à droite grâce aux réductions d'impôts et se livrent une concurrence féroce). L'impression générale que je retire de tout cela et de tout ce qui se passe aujourd'hui, c'est d'un sacré retour en arrière, avant 68 certes, mais même encore bien avant, quand on avait "ses gens" à domicile. Oui, c'est quelque chose qui revient fort, ça, sous une autre forme, un autre vocabulaire, mais ça revient incontestablement. D'ailleurs, on oublie même parfois la novlangue de rigueur comme dans cette annonce de l'ANPE reçue ce matin dans ma boîte mail (j'ai plusieurs  profils, l'un lié au rédactionnel, mais aussi un autre plus large lié à ma formation à l'IUFM et mon intérêt pour l'éducation) :  Numéro de l'offre : 360125X
Code Métier ROME : 11113
Intitulé du poste : GARDE/BONNE D'ENFANTS LA NUIT.


* j'en ai connu une que son "élève" appelait à n'importe quelle heure de la nuit après lui avoir posé un lapin aux heures ouvrées pour un cours de rattrapage urgent.

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07 décembre 2007

Wanted

Augmenter le pouvoir d'achat dans les banlieues tout en améliorant les relations entre la police et les habitants? Il suffisait d'y penser. Il l'a fait, ainsi que nous l'apprend rue 89
Plusieurs milliers d'euros à la clé. Pas pour tout le monde bien sûr. Non, seulement pour les "bons citoyens". Où comment solder les comptes de Mai 68 et  revenir à des valeurs plus anciennes. Comme la pratique assidue de la délation par exemple?

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03 décembre 2007

Carton jaune

Je n'aime pas particulièrement les listes, mais j'en fais tout le temps de peur d'oublier de lire, écouter, faire des tas de trucs indispensables, aussitôt remplacés par d'autres trucs non moins indispensables. Après tout, sans ce type de liste, j'aurais sûrement oublié de lire Haute Fidélité de Nick Hornby (grand faiseur de listes lui aussi) et donc raté plusieurs occasions de rigoler en 10 ans, vu qu'il est sorti en 1997 et que je l'ai lu plusieurs fois. Je pourrais d'ailleurs faire une liste des romans que j'aime relire et les mettre ensemble, ça m'éviterait de foutre le souk dans ma bibliothèque à chaque fois que j'en cherche un, toujours celui qui est rangé le plus au fond, sous le plus de piles de livres possible. D'habitude je garde mes listes pour moi, mais aujourd'hui j'ai décidé de partager celle-ci qui me semble d'utilité publique. Sur les ondes public circule actuellement un message visant à augmenter la consommation d'antidépresseurs en France (eh oui, relance de la consommation oblige, il faut bien stimuler l'industrie pharmaceutique française), du type "Vous avez de fréquents accès de tristesse et vous ne vous soignez pas, horreur, malheur, consultez vite votre médecin traitant!". Comme moi je suis attentive au déficit de la sécurité sociale, je suis pour la prévention, alors voici en forme  de  clin d'oeil (version morose) au rigolo Topito une liste destinée à toute personne amenée à croiser quelqu'un à la recherche d'un boulot:
Voici donc le top des phrases qu'il (elle)préfère que vous ne lui disiez pas, même et surtout si vous avez envie de l'aider :
1)Mais tu es sûr(e) que tu cherches vraiment?
2)T'es allé(e) voir à l'ANPE?
3)Pourquoi tu passes pas des concours?
4)Tu devrais monter ta boîte...
5)Tu devrais pas refaire ton CV?
6)T'as pensé à faire un bilan de compétences
7)Tu devrais avoir plus confiance en toi...
8) Tu sais ce que tu devrais faire?
9) Lui (elle)? Normal qu'il trouve pas de boulot. Il (elle) est complètement ceci (ou cela)
10) Tu vas finir par trouver...

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15 novembre 2007

Critique en toc

Où donc peut-on lire, à propos du dernier livre de Jean-François Kahn, qu'il  "à l'évidence connaitra un grand succès" qu'il est "bourré d'esprit, de finesse et (surtout) de culture" ou encore "un régal...une manière d'encyclopédie philosophique veillant à éclairer nos esprits" [rien que ça!!!]. Eh bien,  dans Marianne, bien sûr. On n'est jamais si bien servi que par soi-même! Les titres racoleurs de cet hebdo m'inspiraient une certaine méfiance. Mais bon, c'est tellement agaçant de voir des scandales révélés dans le Canard Enchaîné et jamais repris par les autres médias, sauf parfois par Marianne justement, que je me disais qu'après tout, mieux valait racoler pour intéresser les gens à la politique et aux affaires, que pour montrer un responsable de parti embrasser les doigts de pied de sa compagne. Seulement, là, c'est un peu fort "Six mois après, a-t-on encore le droit d'écrire ça?" lit-on en couverture du magazine. Ecrire quoi au fait? Sans porter de jugement de valeur sur le contenu proprement dit,  où se cache donc le brulot  irrévérencieux  vanté en une? Dans les 13 pages extraites du livre, ou dans la page supplémentaire inédite que "l'actualité vient de lui dicter"? Où se cache-t-elle, l'analyse sur "Le vrai Sarkozy... au Pouvoir"? Je dois dire que j'ai eu beau y mettre de la bonne volonté, je la cherche encore. Tout ce que j'ai trouvé, ce sont des petites boutades du style : "Blog : Journal intime transformé en lettre ouverte. Permet d'être entendu quand on parle tout seul. [....] Seul Sarkozy n'a pas de blog : la télévision lui en fait office." Et JFK, lui, c'est son journal, c'est ça?
Entre parenthèses, voilà une définition bien méprisante quand on voit la richesse de certains blogs. Certains d'entre eux sont loin d'être des journaux intimes en ligne. On y apprend beaucoup sur le dur métier de caissière, on rit jaune sur la dégradation des conditions de travail, on s'en paie une bonne tranche en passant un petit moment dans la tête d'une prof indigne  ou d'une   anti-bobo bio et sur ces blogs-là il s'échange beaucoup de paroles et de réflexions sur notre époque. Bien sûr, il y en a aussi des mauvais, des moins indispensables (ce qui n'est bien entendu pas le cas dans la presse, uniquement composée, comme chacun sait, de penseurs aussi cultivés que dépourvus du moindre égocentrisme déplacé).

Bref, je me souviens avoir vu dans un autre hebdo, Télérama pour ne pas le citer, des petits encarts signalant que les journalistes du dit hebdo ne faisant pas eux-mêmes la critique des ouvrages des autres journalistes de la maison (ah bon pourquoi?) le journal se contentait de leur offrir un espace qui signalait la parution de leur livre. Allez savoir pourquoi, cela me semble une solution nettement plus élégante.


ajouté le 3/12/2007 : Zut, Les médias pensent comme moi !!!(cf l'ouvrage de François Brune)
Trouvé sur rebuts de presse

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27 octobre 2007

Voie royale vers la république, le roman des tricheurs

paon_blogIl fut une période, pas si lointaine, où il était de bon ton de dire que les sciences politiques ne menaient plus à rien. Ce qu'il fallait à la France, c'était des ingénieurs, des scientifiques. Il semblerait que le vent ait tourné. La France manque toujours d'ingénieurs et de scientifiques (car en France les sciences servent à sélectionner, pas à faire des sciences) mais il est des milieux ou "avoir fait sciences po" semble à nouveau déterminant. Pas pour les compétences, ni les connaissances qu'on y acquiert, comme me l'a avoué sans ciller un employeur potentiel (non mais quelle idée!), mais pour la carte de visite et le "réseau" (ce que l'on appelait au début du moyen-âge de l'ère de la communication le piston)
Attention cependant, car il y a sciences po et sciences po : certains IEP (instituts d'études politiques) sont plus égaux que d'autres. Ainsi, il existe un Institut d'Etudes Politiques (Sciences Po Paris) qu'il est de bon ton d'avoir fréquenté lorsqu'on aspire à être ministre. Il semblerait même que plusieurs personnalités du gouvernement, parfaitement avisées de la suprématie du diplôme parisien sur le plan du prestige par rapport à ses équivalents provinciaux, ne se soient pas gênées pour, au choix, s'octroyer sur leur CV un titre qu'ils n'avaient pas reçu (car n'ayant pas été au bout du cursus, y ayant juste suivi des formations, voire n'ayant pas été reçu à l'examen final, ce qui n'est en soi pas déshonorant vu la difficulté de celui-ci) ou se permettre certaine licence géographique pour transformer en sésame un diplôme acquis "honteusement"  dans quelque province certainement arriérée du sud de la France, ou pire encore dans une vague université parisienne ouverte au commun des mortels.
Faut-il en rire, en pleurer, ou s'énerver?
Les trois, mon capitaine. Parce que l'époque est trop démoralisante pour ne pas saisir la moindre occasion qui nous est donnée de  faire fonctionner nos zygomatiques. Parce que pleurer, comme rire, c'est le propre de l'homme, et qu'il faut essayer de rester humain quand tout tend à faire de nous des statistiques. S'énerver,  parce que comme l'a admirablement dit récemment Doris Lessing, prix Nobel de littérature, ni les choses ni les gens ne sont immuables et ce qui paraît ne devoir jamais changer changera pourtant pour peu qu'on s'y attelle. A l'échelle d'une année ou d'une décennie,  c'est difficile à percevoir et c'est ce qui rend les luttes difficiles, mais à l'échelle d'une vie c'est incontestable.

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18 octobre 2007

Regarde un peu la France

C'est bizarre, parce que j'ai été à l'école en France. On m'y a appris que si j'étais bien sage et que je travaillais bien à l'école, j'aurais un travail intéressant et les moyens de vivre dignement. J'ai été bien sage et j'ai bien travaillé. On m'y a appris que le progrès c'était bien et que tout irait de mieux en mieux, car les gens seraient de mieux formés, donc capables de produire de plus en plus de richesses pour le bien être et le bonheur du plus grand nombre. On a même été jusqu'à inventer des machines pour accomplir certaines tâches rébarbatives. Aujourd'hui on m'explique que c'était du pipeau, qu'on est beaucoup plus riche mais qu'il est impossible d'en faire profiter le plus grand nombre, que finalement, c'est chacun pour soi et que j'ai eu tort de croire ces sornettes. Qu'il existe un intérêt supérieur qu'on nomme "économie" et contre lequel on ne peut rien.  Aujourd'hui, il faudrait croire et accepter que,  bien que produisant  plus et mieux, bien qu'incomparablement mieux formés, bien qu' acceptant la plupart du temps des contrats iniques sans sourciller, nous devrions nous prosterner devant ce nouveau dieu exigeant une moralité à toute épreuve pendant que chaque jour ses prophètes sont éclaboussés par de nouveaux scandales?
C'est bizarre, parce que j'ai été à l'école en France, mais cette fois, la leçon ne veut plus rentrer.

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03 juillet 2007

Beurk archi beurk

On nous cache tout, on nous dit rien. C'est en page agriculture que Ouest-France nous révélait vendredi dernier l'information suivante : selon un rapport des services vétérinaires européens, un certain nombre d'abattoirs français présentent des manquements graves en matière d'hygiène. Menées au printemps 2006, les visites sur sites ont permis de découvrir des "problèmes majeurs" dans plusieurs établissements. D'après le quotidien, les services européens déplorent par ailleurs "l'absence d'un système de sanctions proportionnées aux déficiences identifiées". Quand on sait les conséquences que peuvent avoir de telles pratiques (rappelez-vous l'épisode des steaks hachés surgelés), il y a de quoi être écoeuré.

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02 juillet 2007

La bande à Bonnaud à l'ombre

Eh oui, c'est l'été. Sans les changements de programme sur France-Inter, on aurait du mal à réaliser. La bande à Frédéric, Philippe, Sandra, Arnaud, Hervé et les autres, petit rayon de soleil des fins d'après-midi moroses, c'est fini! Trop élitiste, parait-il. Heureusement qu'il y a les États-Unis pour relever le niveau culturel ambiant. Eh oui, pendant ce temps-là, le New-York Festivals a décerné le prix du meilleur programme radio dans sa catégorie à l'émission de l'un des piliers de la bande, Philippe Collin, pour son émission "Panique au Mangin Palace".Exception culturelle, quand tu nous tiens...On vit vraiment une drôle d'époque!

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